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L’Allemagne s’engage à restituer dès 2022 des bronzes du Bénin pillés pendant la période coloniale

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L’Allemagne s’engage à restituer dès 2022 des bronzes du Bénin pillés pendant la période coloniale


Cette sculpture représentant la tête d'une reine-mère en bronze, datée du XVIIIe siècle, fait partie des bronzes du Bénin pillés par les britanniques en 1897 et de ceux que les musées allemands ont récupérés © Staatliche Museen zu Berlin, Ethnologisches Museum / Martin Franken


La ministre allemande de la Culture, Monika Grütters, a annoncé que des « retours substantiels » de biens culturels pillés durant la période coloniale, et conservé dans les collections nationales, auraient lieu à partir de 2022. Ceux-ci concernent des bronzes du Bénin, dérobés en 1897 dans le palais d'Edo, aujourd'hui situé au Nigeria.

Il s’agit d’un grand pas dans la restitution des biens culturels du continent africain. Le 29 avril dernier, la ministre allemande de la Culture, Monika Grütters, a déclaré, à la suite d’une réunion regroupant les directeurs des principaux musées allemands et les ministres de la Culture des Länder, que l’Allemagne restituerait au Nigeria un nombre « substantiel » de bronzes du Bénin, à partir de 2022. Pillées en 1897 lors de la mise à sac du palais royal d’Edo par les Britanniques, ces sculptures sont conservées pour la plupart en Grande-Bretagne mais ont également été dispersées dans de nombreux musées en Europe. 1100 bronzes du Bénin seraient actuellement conservés dans les collections allemandes. Peu de précisions ont pour l’instant été données quant aux restitutions à venir mais une feuille de route devrait être dressée d’ici l’été.


Volonté de justice

La décision était très attendue après la visite officielle allemande au Nigeria et l’annonce de négociations d’ordre culturel faites en mars dernier. Pour Monika Grütters, « nous faisons face à notre responsabilité historique et morale d’éclairer et d’assumer le passé colonial de l’Allemagne », qui contrôlait jusqu’à la Première Guerre mondiale les territoires actuels de la Namibie, du Togo, du Cameroun, de la Tanzanie, du Rwanda et du Burundi. Ces restitutions, qui interviendront à partir de 2022, seront aussi un gage de coopération et un moyen de resserrer les liens entre l'Allemagne et ses partenaires africains. D’ici à la publication de la feuille de route pour la restitution, la liste complète des bronzes du Bénin conservés dans les collections allemandes devrait être rendue publique le 5 juin prochain. L’ensemble de détails concernant les conditions d’acquisition, la provenance et les éléments scientifiques connus pour chaque pièce seront eux disponibles d’ici la fin 2021. À terme, les bronzes devraient être exposés au Edo Museum of West African Art qui ouvrira en 2025 à Benin City, l’ancienne capitale du royaume du Bénin.

Une cloche en bronze du XVIIIe ou XIXe siècle, également pillée lors du sac du palais d’Edo par le Royaume-Uni © Staatliche Museen zu Berlin, Ethnologisches Museum / Martin Franken

La pression était forte en Allemagne, suite à la polémique autour de l’inauguration du Forum Humboldt en 2020, où 530 bronzes du Bénin sont actuellement exposés. À cette occasion, le Nigeria avait demandé, une nouvelle fois que son patrimoine lui soit restitué. Le Legacy Restoration Trust, une ONG nigériane qui vise à sensibiliser à la question des biens spoliés par les colons, a salué les déclarations de Monika Grütters. Néanmoins, certains experts, comme l’historien allemand Jürgen Zimmerer, invitent à la prudence tant qu’un calendrier et un nombre précis de bronzes n’ont pas été annoncés, tout en critiquant également l’imprécision de l’annonce et le fait que la formule « retours substantiels » exclue de fait une restitution totale des objets volés.

Conduit par l’architecte David Adjaye, l’Edo Museum of West African Art devrait voir le jour d’ici cinq ans au Nigéria ©Adjaye Associates


Les bronzes du Bénin : un patrimoine exproprié

Les pays européens détiennent une large part du patrimoine culturel du royaume centenaire du Bénin (1180-1897). On estime que les collections allemandes contiennent environ 1100 bronzes de cette époque, dont 440 dans les collections du musée d’ethnologie de Berlin, quand le British Museum de Londres en conserve à lui-seul près de 900. La présence massive de ces sculptures dans les collections européennes fait suite à l’invasion par le Royaume-Uni du royaume du Bénin à la fin du XIXe siècle. En 1897,les Britanniques lancent une expédition punitive sur la capitale, Edo, à cause d’un incident diplomatique ayant coûté la vie à huit  de leurs hommes. Le palais royal, où sont conservés de nombreux trésors, notamment des bronzes, est mis à sac, brûlé et ses dirigeants sont chassés, ce qui signe la fin de l’indépendance du royaume. L’ensemble des bronzes réalisés entre le XVIe et le XVIIIe siècle, dont l’iconographie visait à affirmer la domination de l’oba (le roi), sont volés et rapportés en Europe. D’un point de vue stylistique, ces œuvres se caractérisent pas la disproportion des têtes des personnages ou le traitement précis des ornements et des vêtements. Si ce corpus est majoritairement constitué de hauts-reliefs sur plaque de laiton, d’autres objets, il comprend en outre des figures en ronde-bosse (têtes ou représentations d’animaux divers) qui devront également être rendus.


Un exemple pour l’Europe ?

Depuis quelques années, les pays européens semblent prendre de plus en plus conscience de la nécessité de regarder en face leur passé colonial, sous l’impulsion de divers mouvements postcoloniaux universitaires et civils. En 2017, Emmanuel Macron avait déclaré à Ouagadougou que « le patrimoine africain [devait] être exposé en Afrique » via des « restitutions temporaires ou définitives ». Divers groupes d’études ont été lancés dans la foulée, et ont notamment abouti à la publication du rapport Savoy-Sarr en 2018, qui a identifié des dizaines de milliers d’objets coloniaux dans les collections françaises et a préconisé une large campagne de restitution. Si, au Burkina Faso, le président de la République avait annoncé qu’il faudrait cinq ans pour restituer l’ensemble du patrimoine africain à ses propriétaires, ce ne sont finalement que 26 objets béninois et sénégalais qui devraient prochainement retrouver leur pays d’origine.

Pour la ministre de la Culture allemande, ces restitutions sont un moyen de regarder en face le passé colonial de l’Allemagne © Staatliche Museen zu Berlin, Ethnologisches Museum / Martin Franken
 

Du côté des Pays-Bas, le premier ministre Mark Rutte a approuvé un ambitieux plan de restitution des biens spoliés aux anciennes colonies, le 4 février dernier. Quant au Royaume-Uni, bien que la prise de conscience se généralise, il n’est pas question pour le British Museum de parler de restitution des bronzes du Bénin. Le grand musée londonien se contente, pour l’instant, de mises en contexte historique soulignant les atrocités commises par les Britanniques. Avec cette annonce forte, l'Allemagne espère impulser une dynamique de restitution qui ne tiendrait pas qu’à des déclarations de principes dans toute l’Europe et accompagner la mise en place de structures culturelles en Afrique, qui connaît actuellement un développement important en matière muséale.

Un très grand nombre de bronzes du Bénin, dont ceux-ci, est conservé au British Museum de Londres, qui n’envisage pas leur restitution © Andreas Praefcke – Wikimedia Commons

 

www.connaissancedesarts.com

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